Le point sur les négociations

Le 28 septembre 2018, les ACP et l'UE ont entamé des négociations en vue d'un accord succédant à l'accord de Cotonou qui prendra fin en février 2020.

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INTERVIEW SPECIALE DU PRESIDENT DU COMITE DES AMBASSADEURS ACP, S.E. Dr OUSMANE SYLLA, AMBASSADEUR DE GUINEE

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Ancien ministre des Mines de la Guinée et actuel ambassadeur de son pays auprès de l'Union européenne, S.E. Dr Ousmane Sylla présidera le Comité des ambassadeurs du Groupe des États d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique  pour la période du 1er août 2014 au 31 janvier 2015.
 
Le service de Presse du Secrétariat ACP a discuté avec Monsieur l'ambassadeur des projets qu'il nourrit concernant le programme de travail ACP, le Programme de développement pour l’après-2015 et la transformation économique des pays ACP.
 
 Service de Presse du Secrétariat ACP: En tant que nouveau Président du Comité des ambassadeurs, vous allez présider l'organe principal et le plus actif du Groupe ACP. Quels sont vos projets ou vos domaines prioritaires pour les six prochains mois de votre présidence?
 
Dr Ousmane Sylla: En premier lieu, le principal défi auquel nous sommes confrontés est celui de faire meilleure impression en tant qu'Organisation. A l'heure actuelle, le Groupe ACP n'est pas très bien connu et l'une de mes premières priorités  consistera à organiser une communication plus offensive. Notre Groupe compte 80 États membres (avec le Soudan du Sud comme observateur), ce qui en fait une Organisation très vaste. Toutefois, nous devons renforcer la communication avec nos populations à l'échelle internationale. J'estime que notre action jusqu'à l'horizon 2020 doit être beaucoup plus dynamique dans ce domaine.
 
Deuxièmement, une restructuration du Secrétariat s'impose. Avec des moyens financiers limités, le Secrétariat actuel fait du bon travail et fournit des efforts considérables. En tant que Président du Comité des ambassadeurs, je lance un appel à tous les États membres pour qu'ils s'acquittent de leurs contributions au budget du Secrétariat pour l'année 2014. Nous avons besoin de ces ressources, car il est indispensable d'assurer notre autonome financière pour pouvoir réaliser nos objectifs. A ce sujet, je voudrais adresser mes  remerciements à la Guinée équatoriale et à l'Angola qui ont fait don au Secrétariat de ressources financières supplémentaires pour mener à bien ses activités... Il convient par ailleurs de renforcer le rôle du Secrétaire général en tant que gestionnaire du Secrétariat, mais aussi comme porte-parole politique du Groupe, à l'instar de ses homologues dans d'autres organisations internationales.
 
Troisièmement, une attention particulière sera accordée à la coopération intra-ACP, Sud-Sud et Nord-Sud, ainsi qu'à la coopération triangulaire. Au niveau intra-ACP, nous devons établir un  diagnostic des possibilités ou des opportunités qui existent dans un pays et examiner dans quelle mesure elles peuvent être reproduites dans un autre. Par exemple, le Cap-Vert, Maurice et le Botswana  jouissent d’une bonne santé économique. Dès lors, avant de prendre exemple sur l'Europe, l'Inde ou la Chine, pourquoi ne pas demander à certains de nos États membres  comment ils s'y prennent pour être aussi prospères et  comment ils mettent en œuvre leurs réformes ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de leurs expériences en ce qui concerne le développement des petites entreprises, la prise en compte de l'égalité homme-femme, la création d'emplois ou la protection de l'environnement? Pourquoi ne pas étudier la possibilité pour Guyana, par exemple, de fournir une assistance technique à des pays africains? La coopération intra-ACP et le partage d'expériences entre les pays ACP revêtent une importance cruciale. 
 

Quatrièmement, nous nous pencherons sur nos relations avec l'Union européenne. Nous avons besoin de nos partenaires traditionnels, même au-delà de 2020 - c'est une certitude. Toutefois, 40 années de coopération représentent une période bien longue, et j'ai le sentiment  que l'UE voudrait voir un Groupe ACP un peu plus autonome.   Nous  devons diversifier nos sources de financement pour ne pas dépendre uniquement du Fonds européen de développement (FED). Il s'agit là d'un aspect majeur du mandat du groupe d'éminentes personnes (GEP) - qui a entrepris des consultations dans toutes les régions ACP sur l'orientation à imprimer au Groupe ACP après l'expiration de l'Accord de partenariat ACP-UE en 2020 - et du groupe de travail des ambassadeurs sur les Perspectives d'avenir du Groupe ACP. Nous devons essayer de renforcer nos relations avec les pays émergents, communément appelés groupe BRICS. Nous devons également mener des actions plus audacieuses et plus offensives pour faire connaître notre Groupe aux États Unis, au Japon, au Canada et dans les  pays arabes. Il s'agit de consolider les relations existantes,  mais aussi de les diversifier. 
 
Service de presse du Secrétariat ACP: S'agissant de l'avenir, vous présidez le groupe de travail des ambassadeurs sur le Programme de développement pour l’après-2015. Quelles sont les principales préoccupations du Groupe ACP au sujet de ce Programme?
 
Dr Ousmane Sylla: Le groupe de travail a travaillé d'arrache-pied pour mettre au point une déclaration ACP sur le cadre de développement pour l’après-2015. Nous y avons intégré des questions concernant le développement, la transformation de nos économies, l'industrialisation de nos pays, ainsi que des aspects sociaux tels que l'éducation et la formation, la santé et la protection de l'environnement. Nous avons également souligné la nécessité d'un développement inclusif, c'est-à-dire qui ne bénéficie pas seulement aux capitales, mais  également aux  zones rurales.
 
Nous avons réussi à mettre au point une déclaration conjointe ACP-UE sur le programme de développement pour l’après-2015, qui a été adoptée en juin dernier. La tâche n'a pas été facile! Il a fallu tenir un très grand nombre de réunions  pour y parvenir. La partie européenne insistait  pour que l'accent soit mis sur la bonne gouvernance, la démocratie et les droits de l'homme, reléguant au second plan l'industrialisation, le développement et la transformation de nos économies. Le Groupe ACP, pour sa part, tenait à ce que la dimension développement soit prise en compte. La formulation du titre a d'ailleurs posé problème, car il nous a fallu insister pour obtenir l’insertion du terme "développement",  ce qui a donné "Programme de développement pour l’après-2015 ".
 
En fin de compte, nous sommes parvenus à un bon compromis, chaque partie ayant  dû faire des concessions. C'était la première fois que deux grandes organisations, à savoir le Groupe ACP et l'UE, travaillaient de manière parallèle sur une déclaration conjointe pour l'après- 2015. D'habitude, c'est plutôt une position de l'Union africaine ou une déclaration émanant des Caraïbes ou du Pacifique qui est présentée. Cette déclaration constitue le premier document conjoint élaboré par un bloc de 80 pays du Sud et 28 États européens, ce qui est tout à fait historique. On espère à présent qu'une position commune des deux organisations  sera présentée à l'Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015.
 
 
Service de presse du Secrétariat ACP: Vous avez évoqué la "transformation économique" des pays ACP d'autant plus qu’ils sont encore en grande majorité des  pays en développement, 40 d'entre eux figurant parmi les moins développés au monde.  Pouvez-vous nous donner plus de précisions à ce sujet, surtout en ce qui concerne le rôle du Groupe ACP dans ce processus?
 
Dr Ousmane Sylla: Pendant 50 ans, les pays ACP ont exporté des matières premières et des produits de base destinés aux industries européennes. Il faut que cela cesse. La transformation de ces produits doit être effectuée dans nos propres pays afin d'y créer des industries. A titre d'exemple, la Guinée, depuis son indépendance en 1958, exporte de la bauxite, matière première servant à la fabrication de l'aluminium et du métal. Mon pays a désormais engagé des négociations avec des entreprises à travers le monde en vue de faire comprendre que nous ne pouvons plus continuer à exporter de la bauxite brute.  En revanche, nous avons besoin de technologie, d'énergie et d'infrastructures  pour transformer ce minerai sur place et créer de la valeur ajoutée. Il en est de même pour de nombreux autres pays ACP.
 
Toutefois, l'accent  ne doit pas porter uniquement sur l'industrialisation, mais aussi sur l'équité, la justice et l'inclusivité. Nos populations ont besoin d'être formées. Étant donné le rôle que jouent les femmes, il convient de les encourager et d'assurer leur éducation, de renforcer leurs capacités afin qu'elles puissent gérer de petites et moyennes entreprises. Nous devons promouvoir des actions en faveur des jeunes. Il faut se demander pourquoi tant de jeunes périssent à Lampedussa.  Ils risquent leur vie parce qu'ils n'ont pas d'emplois. Nous devons créer des emplois dans nos pays afin d’inciter les jeunes à rester et à contribuer au processus de développement, au lieu d'émigrer. Prenons l'exemple de l'Angola et du Portugal. L'Angola a été une colonie portuaire pendant de nombreuses années. Les jeunes angolais avaient l'habitude de se rendre à Lisbonne pour chercher un emploi.  Mais, aujourd'hui, ce sont les portugais qui émigrent de plus en plus en grand nombre vers l'Angola, car ce pays possède du pétrole et des diamants qui lui permettent de développer son économie.  Voilà ce dont nous avons besoin- des européens émigrant vers nos pays. 
 
Service de presse du Secrétariat ACP: Le cadre de développement pour l’après-2015  fait suite aux objectifs du millénaire pour le développement (OMD). A l'évidence, tous les OMD n'ont pas été atteints dans le délai imparti. Pourquoi?
 
Dr Ousmane Sylla: La réalisation des OMD dans les pays ACP a été insuffisante en raison de la mauvaise gouvernance. Il faut que nous soyons sincères avec nous-mêmes. A vrai dire, au cours de ces 20 dernières années, de nombreux pays  n'ont pas obtenu de très bons résultats en matière de gouvernance. La corruption constitue l'une de nos faiblesses, de même que la dictature, l'absence de démocratie, les inégalités, la destruction de l'environnement, etc. L'Afrique a besoin de bons dirigeants et d'une élite qui respectent nos constitutions. Ils doivent comprendre que l'Afrique n'a aucune chance de se développer si cette situation perdure. Fort heureusement, un nombre croissant de dirigeants acceptent leurs défaites électorales et permettent ainsi à d'autres de leur succéder, plutôt que d'essayer de s'accrocher au pouvoir. Je vois venir des changements positifs. Par ailleurs, nous avons manqué de volonté politique pour favoriser la transformation de nos économies. On voudrait que nos pays demeurent des fournisseurs de matières premières. Toutefois, si nous arrivons à inverser la tendance, nous serons en mesure d'atteindre un grand nombre d'OMD pour l'après- 2015.
 
En même temps, nous devons rester positifs. Certains de nos partenaires ont eu tendance à concentrer leurs efforts uniquement sur la "lutte contre l'extrême pauvreté". Personnellement, je n'aime pas trop cette expression. Plutôt que de se focaliser sur la pauvreté, la maladie et les guerres, pourquoi ne pas être plus positif en parlant de "création de richesses" ? C'est une façon plus optimiste d'envisager les choses, et je suis très confiant quant à l'avenir du Groupe ACP.
 
(Photos: S.E. Dr Ousmane Sylla ; S.E. Dr Ousmane Sylla  avec le Président sortant du Comité, S.E. Dr Diodorus Kamala, ambassadeur de Tanzanie) 
 


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